dimanche 17 septembre 2017

Wonder Isa




Je ne suis pas très doué pour exprimer mes sentiments, mes proches le savent. En revanche, je suis assez doué pour très rapidement cerner la personnalité des gens. Et Isabelle Périer, je la connaissais maintenant depuis 3 ans, en sachant que c’était une personne de qualité. Je ne vais pas écrire un billet pour préciser à quel point je suis triste car tout le monde s’en moque et ça serait égoïste. Non, je voudrais juste vous parler d’Isabelle-Multivers, qui nous a été brutalement enlevée ce week-end.

Isabelle-Multivers ? En d’autres mots, on pourrait dire qu’elle portait de nombreuses casquettes, mais surtout qu’elle était dotée de nombreux talents. On pouvait la croiser en tant que professeure (dont je découvre que ses élèves ne tarissent pas d'éloges sur les réseaux sociaux), universitaire (en faisant un crchet par le CERLI et les Utopiales), autrice (notamment chez Multisim), éditrice (plus récemment pour Mnemos) ou encore co-rédactrice en chef de JDR Mag. En trois trop courtes années, j’ai appris à connaître quelqu’un de généreux et sincère, tout autant que dévoué et passionné. 






Isabelle était une gameuse. Oui, c’est une certitude, autant pour les jeux de plateaux, les jeux de rôles que les jeux vidéos. Mais c’était aussi une autrice qui a œuvré à de nombreuses gammes de jdr. C’est un des éléments primordiaux de l'alchimie de Néphilim (elle travaillait d’ailleurs encore sur la nouvelle édition). Elle fut une déesse du multivers du jeu Mournblade et avait repris la main sur la direction éditoriale du dernier supplément. J’ai ainsi eu la chance d’avoir sa relecture de ma partie sur le Lormyr, avec notamment un moment de joie ou Isa m’a dit « Si je ne te connaissais pas, j’aurais trouvé ça étrange tes bisons, mais là c’est génial !». Isabelle était aussi la co-dirigeante du magazine JDR Mag, elle s’occupait de la rubrique Aspirine mais aussi d’une bonne partie de la relecture. Du coup, j’ai aussi eu la chance d’avoir ses retours, conseils et corrections. Ils étaient toujours intelligents, jamais invasifs et toujours, comme n’importe quel bon éditeur, pour améliorer le texte. D'un autre côté, Isa m'a fait confiance pour la relecture de son dernier scénario Mournblade, qui paraîtra dans le magazine. Par ailleurs, Wonder Isa avait aussi un univers bien à elle avec Les Héritiers. Un jeu de rôles plusieurs fois annoncé, maturé depuis de longues années et j’espère d’autant plus maintenant, en voie d'être publié. Ça serait un véritable hommage de mon point de vue. En plus de tout cela, Isabelle était engagée en tant que personne pour le respect des uns et des autres, notamment sur les dernières polémiques de notre micro monde du jeu : le sexisme dans le jdr. 


Donc, Isabelle était une personne voguant dans plusieurs mondes, toujours avec un œil bienveillant, toujours avec modestie et talent. Trois années que je la connaissais dont 2 ans par des échanges d’emails sur des corrections ponctuées de commentaire amusant, pensées sérieuses ou totalement débiles pour le simple plaisir de rire. Toutefois, soyons honnêtes, Isabelle avait aussi des défauts, le plus gros que je lui connaisse, et pas des moindres, est de ne pas avoir aimé les deux derniers films Star Wars. Très, très grave, vous en conviendrez. Et puis, elle avait aussi adoré le film Wonder Woman, que j’ai tout juste apprécié. Ca commence à faire beaucoup, n'est-ce pas ? Mais pour Isabelle ce personnage de comic était très important (pour la cause des femmes, notamment) et elle en avait enfilé le costume métaphorique de WW, en interprétant son personnage dans ses parties d’Hexagone univers. Si ma mémoire est bonne, il ne lui manquait que quelques XP pour avoir le lasso de vérité...
Aujourd’hui, je suis triste. Je pense à sa famille, à ses proches (ceux qui la connaissaient plus que moi) car on nous a tous injustement volé une personne unique et une professionnelle qui ne pourra jamais non plus être remplacée. Je suis désolé rien qu’au fait de penser a ne plus échanger de messages avec elle, ou de faire une croix définitive sur l’escape room que nous avions envisagé de faire ensemble. Isabelle, faisait partie des rares personnes avec qui j’avais envie de faire du jdr sur le long terme, pas juste une partie comme ça. Ça ne s’explique pas, c’était juste une femme bien et elle nous manquera.
Toutefois, n’étant pas croyant, j’espère seulement que les dieux du jeu lui ont offert la place légitime à leur table pour qu’elle puisse poser son regard bienveillant sur notre loisir et ceux qui y participent.
Au revoir, Wonder Isa.

Pour ceux qui ne la connaissaient pas : http://www.legrog.org/biographies/isabelle-perier






jeudi 14 septembre 2017

Lisbonne



Cette année, pour différentes complications personnelles, nous n’avons pris qu’une petite semaine de vacances. Nous sommes partis à Lisbonne avec un crochet de deux jours à Evora. Nous en sommes revenus très content, même si je crois qu’on nous avait survendus le quartier de Bélem. Ce dernier, je n’ai vraiment pas apprécié. De beaux édifices et jardins, mais trop de touristes et au final peut-être trop « international » pour moi, j’ai préféré la vieille ville de Lisbonne plus typique, plus marquée dans ses rues et ses façades.
Contrairement à d’habitude, vous aurez remarqué que je n’ai pas fait de compte rendu journalier. C’est pour prendre le temps de ce court séjour sur place. Par ailleurs, je n’ai pas non plus embarqué mon appareil photo. Et je suis assez content de l’avoir laissé à la maison car cela m’a donné le temps de la contemplation, le temps du dessin et le temps de profiter de comprendre et ressentir ce que je voyais. De plus, en voyant tous ces touristes qui mitraillent ou se font des selfies devant tout et n’importe quoi en 3 secondes, ça m’a conforté dans mon choix de ne pas vouloir devenir comme eux. Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux auront noté tout de même deux vidéos et une poignée de clichés fait avec mon téléphone portable de qualité « modeste », et c’était surtout pour un petit partage d’un moment ou d’une blague…

A part cela, nous avons bien profité des 30° C. du soleil, des pâtisseries et nous sommes rentrés avec 4 heures de retard en nous faisant accueillir à l'aéroport par de faux chauffeur de taxi voulant nous ramener chez nous pour 110 euros (Orly > Saint-Denis), nous avons découvert le carton de nos exemplaires d'auteurs enfoncé dans notre boîte à lettre (obligé de tout découper in box pour les récupérer) et tout va bien, nous revoilà à fond sur nos différents projets avec pour ma part des premières critiques très positives pour D-Start et Detroit.

Voilà, cela étant, voici la brochette de croquis que je ramène.
À bientôt












 

#Lisbonne #FabienFernandez #Detroit #GulfStreamEditeur #Matagot #SurfinMeeple #Roman #Jeux #Voyage #Croquis

jeudi 7 septembre 2017

Detroit





C’est aujourd’hui que vous trouverez en librairie mon nouveau roman : Detroit. C’est un roman noir et urbain dans la collection Electrogène, chez Gulf Stream éditeur (GSE).  Comme je ne peux pas mieux faire que mon éditeur pour le présenter, voici : 

Ensuite, comme GSE est une équipe généreuse, elle vous offre un playlist à écouter avant, pendant et après lecture. Enfin, en attendant l’ouverture de votre librairie ou la commande que vous lui avez passée, voici de quoi lire le début du roman : 

https://www.youtube.com/watch?v=n1PCW0C1aiM&list=PLrP0ffdh7Fb5VQaj4MZpk5lgIJknfkUmE



http://gulfstream.fr/ressources/livre/Electrogene/detroit-web-extrait.pdf



Et finalement, une fois que  vous l’aurez lu, vous n’aurez plus que quelques jours à attendre pour la sortie de celui de Charlotte : Celle qui venait des plaines, chez le même éditeur. 


 


 #CQVDP  #CharlotteBousquet #GulfStreamEditeur #Electrogene #FabienFernandez #Detroit #Roman

mercredi 6 septembre 2017

D-Start, un jeu pour les gouverner tous !...??


D-Start est un projet de longue haleine. Initialement prévu pour supporter la communication d’un directeur de collection jeunesse qui s’est trouvé être malhonnête, j’ai repris le squelette du jeu pour en concevoir un jeu de rôle pour débutant. J’aurais pu dire pour « initier » de nouveau joueurs, mais cela fait un peu secte, hors, j’aspire à ce que ce jeu soit pour tous. Ainsi, bien que premièrement ciblé pour les adolescents, il est tout a fait jouable pour des adultes et probablement pour des plus jeunes aux alentours de 10 ans, si un adulte est aux commandes de l’histoire. En dehors de cela, pas besoin d’un joueur expérimenté pour lancer la partie, juste d’un joueur motivé qui s’empare du livret de règles de 8 pages et d’un des 10 scénarios de la boite. Ensuite, c’est assez didactique, on sait quand donner des méta-dés si spécifique au système de jeu pour dynamiser la partie et on peut boucler chaque scénario en 1h à 1h30.
Oui, le principe est assez simple. Les règles expliquent ce qu’est un jeu de rôle, les différents rôles des joueurs (le narrateur et ceux qui interprètent des personnages), puis on passe au système en lui-même : on lance autant de dé pour résoudre une action que l’on a dans son attribut Physique ou Mental et on cumule les succès des dés blancs. Les dés rouges, ou Méta-dés, sont là pour pimenter le jeu : ils suppriment ou doubles les succès. De fait, au fil de l’histoire on en reçoit en situation stressante et toutes les demi-heures de jeu. On se rend alors compte rapidement qu’il ne faut pas trainer pour réussir l’aventure ! 


Par ailleurs, pour ne pas a avoir à expliquer chaque univers des 10 scénarios, il y a un parti pris pour des univers forts connotant ceux très connus comme Harry Potter, la Guerre des Étoiles, Le Mythe de Lovecraft, les films de Kung Fu, ses Super-héros, etc. Donc pas besoin de lire 300 pages avant de commencer, on est tout de suite dans l’ambiance.
J'ajouterais enfin que ce jeu est pour tous, contient ainsi pour chaque scénario des personnages prétirés, masculin, féminin et sans genre défini. 

Le mot de la fin de billet est simple : je remercie Hicham (le big boss de Matagot) pour tout le travail fait afin que cela soit un si beau coffret et évidemment Sabrina et Radja pour leurs superbes illustrations qui plongent les joueurs dans le jeu.



La boite contient 10 scénarios + 1 livret de règles + 1 écran de jeu + 45 dés spéciaux + 50 fiches de personnages prétirés+ des plans et des fiches de santés… et il est disponible depuis cette semaine dans toutes les bonnes boutiques de jeux et dans certaines librairies. Si le vendeur ne l’a pas, il peut le commander, pareil pour les libraires.

#Matagot #FabienFernandez #JDR #Jeu #SabrinaTobal #RadjaSauperamaniane

mardi 5 septembre 2017

Nous ne sommes pas que de la viande




Autant qu’il est bon de #GoT durant certaines périodes pour donner plus de visibilité à ses messages sur le Net, autant qu’il y a d’autres « valeurs sûr » pour vendre un objet en terme de marketing : le corps-objet de la femme. 


Dans le jeu, c’est pareil. Je me suis retenu jusqu’à présent de parler du sujet brûlant de notre micro milieu, mais j’aimerais modestement apporter ma pierre à l’édifice. Notamment car je suis un homme, que je suis féministe et que je trouve aberrant (je sais joli jeu de mot ludique) qu’on soit en 2017 et qu’on utilise encore le sexisme ou les principes accolés pour vendre des livres et des jeux. On peut évidemment faire de longs messages justifier que ça n’est pas sexiste et que c’est pour le dénoncer qu’on a utilisé les codes. Pour ma part, du sexisme… même en faible pourcentage, reste ce qu’il est : du sexisme.
 

Cette publicité pour une grosse voiture pour les riches (ils le disent dans la pub) est sexiste. Il n’y a pas à discuter quand on utilise la femme pour en faire un objet, c’est sexiste, point.

La publicité a de ça d’intéressant d’exacerber ce genre de bêtises. On va autoriser des femmes presque nues sur des affiches 4m par 3m, mais interdire la photo d’un couple gay qui s’embrasse ou une campagne de pub qui dénonce les fermes à fourrure. La pub considère l’argent, pas le sujet. Si je fais un parallèle, c’est pour mieux souligner mon propos. C’est un peu comme un type qui met une main aux fesses d’une femme dans les transports en commun. Ce n’est pas « juste  une main aux fesses », c’est une agression sexuelle. Si ça vous paraît démesuré, il faut revoir vos classiques de l’humanité et les lois Françaises car par exemple, quand on braque un individu avec une arme à feu factice, ça a la même importance que si c’était une arme véritable. Oui, tout simplement car le choc psychologique est le même. Une agression est une agression, point.



Pour en revenir au jeu, dans mon adolescence (ça remonte, maintenant), j’étais assez content de contempler des femmes dénudées en string cotte de mailles. Oui, j’avais les hormones en explosion comme un con d’ado qui glousse en voyant un téton. Et c’était stupide, et je m’en suis rendu compte après, au lycée.  J’ai passé ma scolarité de lycéen dans une classe de 40 élèves (oui, je sais : rien de neuf sous le soleil) mais dont les ¾ étaient des filles. Normalement, pour un ado, c’est le paradis moi je ne savais surtout pas du tout m’y prendre avec le genre opposé. En résumé, car on ne disait pas Geek ou Nerd à l’époque, j’étais le type à lunettes (avec cheveux longs et patchs de groupes d emétal sur veste déchirée) du fond de la classe qui regarde les filles et qui fait du jdr. Le premier qui parle de Stranger Things a une claque ! 


Mais ce qui est surtout important c’est qu’à ce moment là, je me suis rendu compte de l’importance du corps humain dans la communication : j’ai fait des cours de dessins de nus, des heures d’histoire de l’art et pas mal d’exercices sur le domaine publicitaire.  Il en ressort un truc gros comme un troll dans une maison de hobbit : la banalisation du corps féminin pour vendre. Et l’un allant avec l’autre, c’est comme ça que j’ai pris du recul sur les visuels de mes jeux de rôles. Et il faut le dire, les rôlistes ne sont pas les derniers pour publier une femme à moitié nue (je fais une liste ou vous ressortez vos vieux jeux et magazines ?). 


Plus tard, je me suis aussi rendu compte que j’avais joué à des jeux sexistes. La liste est assez longue en réalité. Par exemple, au milieu de tables de pourcentages, on proposait d’incarner une femme avec des caractéristiques de force diminuées par rapport au genre masculin. Oui, en plus d’être stupide, c’est sexiste.
Ouais, mais les femmes elles sont plus faible que les hommes et…



Alors première ment, NON ! Ensuite, si on est capable d’avoir un jeu avec des elfes, des nains et de la magie pour emballer le tout, en quoi, même si ce cliché usé de la femme faible existait, serait-il impossible de faire la femme l’égal de l’homme dans les règles ? Oui, c’est exactement ça, il faut éteindre vos cierges à Saint Tolkien qui a collé la femme en arrière plan de ses histoires. Libre à chacun ensuite de modifier son personnage comme il l’entend.
Donc sans m’étendre plus longuement, et comme vous aurez pu le noter sur toutes ces visuels sexistes de ce billet de blog, je trouve ça anormal de justifier le sexisme dans un jeu (ou autre). Déjà, pour moi, devoir se justifier d’un point particulier d’un jeu, prouve qu’il n’est pas amener correctement, que ce la ne fait pas sens dans l’univers et qu’il faut le revoir ; soit dans le fond, soit dans la forme. Et si c’est pour dénoncer le sexisme, il suffit de l’amener comme les autres thèmes du jeu, pas en vernis putassier pour vendre un produit. 


En définitive, je n’ai cité aucun jeu tout simplement pour ne pas faire de la pub à l’un ou l’autre. Ce qui est important est de ne pas banaliser le sexisme, même si ce n’est qu’une infime part d’un jeu, cela appartient à un grand tout qui est : continuons à faire de la femme un objet. Ce qui n’empêche pas d’avoir des femmes (et des hommes) sexy, de la prostitution ou des sujets sensibles, c’est juste que n’importe quel sujet de la sorte doit être traité avec intelligence et sensibilité (vous me passerez les excuses du registre : « Je ne suis pas raciste, j’ai un copain Noir », car la banalisation du corps féminin n’est pas acceptée que par le genre masculin). Donc oui, le corps humain a une esthétique qu’il ne faut pas forcément dissimuler, mais je crois sincèrement que personne n’y gagne à le présenter comme un étalage de boucher. 


Nb : je n’ai pas la patience de certain(e)s, donc les stromshit et les propos injurieux trouveront leur place dans le caniveau.