mardi 25 avril 2017

Du genre Noir sublime

L’amour et autres blessures (Actes Sud – Actes Noi) de Jordan Harper

La moiteur, le vêtement qui se colle à cette plaie baveuse, la douleur et bien d’autres choses. Ici, les deals ne sont pas avec de la cocaïne et des barons de la drogue, c’est de la meth, avec les Red neck du coin. Ici, on parle de vengeance, pas celle héroïque d’un personnage hollywoodien, mais bien de celle d’un pauvre type qui vit dans les Ozark (région montagneuse entre le Kansas, l’Oklahoma et l’Arkansas). On passe en prison, on suit un garde du corps et on baigne pleinement dans le genre Noir, nouvelle après nouvelle.



Lorsque Benoit Minville en a parlé dans sa vidéo, je me suis laissé tenter car je sais qu’il est un amoureux du genre (et moi aussi), mais je ne pensais pas aimer ce recueil de nouvelle de Jordan Harper à ce point. On lit les vestiges d’humanité de l’Amérique profonde et bien que l’on sache que chaque personnage ne sortira pas indemne de son récit, on ne sait jamais comment cela se conclura. Une surprise à chaque fin, pas pour l’effet de surprise, mais pour le plaisir et l’intelligence narrative.
On se laisse captiver par la plume rouillée et granuleuse de Jordan Harper, un style brut, parfois décousu et toujours pertinent. De la violence, un peu de cynisme et toujours un regard sur l’intérieur vibrant d’une humanité sale. Ses nouvelles ne se racontent pas, elles se vivent à travers ses pages sombres au romantisme glauque et à la brutalité d’un environnement qui n’a que deux semaines de printemps avant de se faire cuir par le soleil et de tout imprégner de sueur et de crasse.

Lecteurs : amoureux du genre Noir se déroulant loin des grandes villes et des clichés américains
Jeux de rôles : je recommande en inspiration pour pour Hollywood, COPS, Necropolice, Edge of Midnight


lundi 24 avril 2017

Si tu veux un Kinder envoie "Macron" au 17 666 !

Et oui, c’est officiel : nous entrons de pleins pieds dans l’ère de la téléréalité avec un candidat qui prône l’ultra-libéralisme avec un emballage « anti-système ». Un Kinder surprise. Et comme le marketing est une force aveuglante, la plupart ne se rendent pas compte que l’emballage de l’œuf est celui de Nestlé (l’entreprise dont le patron souhaiterait privatiser l’eau) avec du chocolat bon marché (dont les fèves ont été récoltées par des enfants) et avec à l’intérieur un jouet magnifique en plastique (lui aussi confectionné par des petites mains enfantines) qui laisse croire à de la magie : un gadget qui fait passer un gamin de 4 ans pour un ingénieur. Au final, c’est creux, sans âme, sans goût, mais le client en redemande. Pour ça, il lui suffit presque d’envoyer son nouveau choix assis dans son fauteuil en tapant sur les touches de son téléphone : MACRON au 17 666.
On a donc vendu à grand renfort de médias, un produit commandé par le général du déguisement : un type monté sur le trône en habits de Gauche. Tout le monde s’est alors dit que la Gauche c’était Hollande, Valls, Cazeneuve et leurs camarades de jeux. Et du coup, quand une vraie Gauche s’est présentée aux élections, la majorité s’est dit qu’elle n’en voulait pas. Le Kinder c’est meilleur, et t’auras pas ma surprise ! Je garde mon jouet que pour moi et je continue à m’amuser avec mes SMS en attendant que le monde s’écroule. Car c’est un peu ce qui va se passer, quand la Nature va encore sombrer de plusieurs marches. En marche ! dit le général Kinder. En marche vers une Loi Travail encore plus dévastatrice, une uberisation à outrance, la chasse sans réglementation, la FNSEA es-OGM qui va cracher du Monsanto à tout va et au milieu, ne restera que les victimes, les générations à venir et les animaux.
En face, on a une autre candidate « anti-système ». D’ailleurs, ni elle ni son conjoint ne sont des élus  et ne touchent leur paye de ce non-système qu’est le conseil de l’Europe. Son père n’est pas l’héritier de millions d’un de ses électeurs faisant dans le béton (ah au fait, le méchant Lafarge qui négocie avec Daesh, regardez sont arborescence hiérarchique vous verrez qu’il y avait du FN à ce moment-là), mais bétonnons les pauvres et la politique ! Les plus grands drames à venir si MLP passe, ce sont pour les étrangers (et les Français au teint basané) et pour les femmes, qui retourneront au foyer à pondre des mômes (adieu les IVG, etc). Comme ça, ça réduira le chômage. Saloperies d’étrangers qui nous pompent l’argent du chômage et surtout nos emplois ! Si, si, ils font les deux, ne me demandez pas comment ils y arrivent en même temps, faut voir ça avec la patronne du FN.
Donc oui, on pourrait voir le pire. D’ailleurs, dans quelques semaines, ça ne sera probablement pas beau à voir que ça soit l’un ou l’autre qui « gouverne ». Néanmoins, les Français râlent, ils veulent un changement sans changer. Ils veulent faire table rase de la corruption, mais en gardant les mêmes têtes et surtout sans prendre les options qu’on leur offre sur un plateau comme par exemple vers une 6e République. D’ailleurs, en regardant le résultat de Fillon, j‘ai le sentiment que ses électeurs sont atteint du syndrome de Stockholm. Toutefois, les Français veulent ça : parce qu’ils ont voté pour ou parce qu’ils ont laissé faire. Le général  du déguisement a balancé son épouvantail comme ses prédécesseurs avant lui et il voudrait maintenant que l’on vote pour sa créature pour le balayer. Alors allons-y. S’il faut de l’ultra-libéral pour leur faire comprendre l’essence même du rêve de tous devenir millionnaires en enfonçant les autres, allons-y ! Sauf que tout le monde ne sera pas aussi riche, juste ceux qui le sont déjà et qui ne partagerons pas… S’il faut une dictature fachisante pour virer tous les étrangers, allons-y ! C’est à croire que la population à besoin d’une dictature proche des nazis ou de Franco pour se rappeler ce que c’est véritablement. Moi, quand je veux me faire peur, je regarde un film, je lis un livre ou je joue au jeu de rôles. Ca reste virtuel et ça donne une bonne impression de ce qu’est l’horreur.



Mais allons-y et d’ailleurs, je n’ai aucune colère, juste un peu de déception de voir que les gens ne comprennent pas ou sont trop fainéant pour s’impliquer de manière constructive. Alors allons-y. Cinq ans de Kinder/fachisme. Je vous laisse choisir, je prends mon drapeau blanc pour le 7 mai. Je reste positif.

Si, vraiment. Car déjà, les Insoumis ont peut être perdu une manche mais ils ont apporté des idées nouvelles dans les débats et accessoirement impliqués d’autres personnes et réussis à gagner environ  8 points (si l’on compare le score de leur représentant en 2012 avec le Front de Gauche). Et même si c’est 5 moches années, on sera tous repoussés dans nos derniers retranchements. Alors certes, il y aura la misère, l’égoïsme, etc, (de certains). Il y aura aussi les coupes budgétaires dont la première victime sera encore et toujours la Culture. Mais on ne sait jamais, on pourrait par exemple  y gagner plus de flics pour sécuriser Saint-Denis.
Et rendez-vous aux législatives.

Mais surtout, il y aura la création. Car le monde aura besoin de poches d’évasion, de pauses pour rêver. Et nous serons contents d’avoir des stylistes et des céramistes, des auteurs et des illustratrices, des dessinateurs et des conteuses, des comédiens, des photographes et des créateurs d’univers. Du jeu, de la lecture, des images et des histoires. Des textes engagés, la tête dans les rêves et les deux pieds dans la réalité. Donc oui ça sera difficile et d’autant plus pour mes amis et collègues auteurs/trices (au sens large), mais on se dépassera encore plus pour donner le meilleur de nous même… et on sera là pour épauler ceux qui en ont besoin.


nb : oui, je sais, ça faisait longtemps que je n’avais pas fais de billet politique J
nb bis : pour le énervés et les haineux, je filtre les commentaires.

vendredi 21 avril 2017

Detroit arrive bientôt



Nous y voilà. Non pas de politique car tout le monde en mange un peu trop en ce moment, je vais vous parler de Detroit, mon roman à sortir chez Gulf Stream éditeur (GSE) dans la collection ÉLECTROGÈNE. Hier, c’était une journée de présentation du catalogue à venir aux commerciaux et la team GSE, m’a fait venir. C’était intéressant de parler devant une tablée d’une dizaine de personnes pour « vendre » son livre. Bien que mon éditrice m’ait dit que je ne m’en étais pas mal tiré, je crois qu’il va falloir que je développe un peu cette compétence oratoire, pas pour « vendre » absolument, mais peut être pour hiérarchiser les informations et avoir (selon moi) un discours plus clair. Toujours est-il que ce fut très intéressant, comme depuis le début de cette aventure Detroit.
Aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous un peu de cette expérience très enrichissante professionnellement, littérairement et humainement. Encore une fois, je ne peux que souligner le professionnalisme de mes éditrices, nos échanges sur le texte n’étant là que pour le perfectionner (ce qui n’est pas forcément le cas avec tous les éditeurs avec qui j’ai pu travailler), l’équipe GSE est présente pour ce roman depuis le début et ça fait très plaisir d’être autant soutenu.
L’aventure Detroit a commencé par la lecture d’un supplément de jdr, m’offrant une vision de la ville tellement en miroir d’un personnage adolescent auquel je pensais depuis quelque temps, que j’ai creusé, fouillé, recherché, et au final, je me suis imprégné de Detroit. Vous aurez donc droit à un roman noir et urbain, avec trois narrateurs. Le premier est le héros principal, Tyrell, un adolescent en proie à des crises de violences incontrôlées qui tente de survivre entre les gangs et le système scolaire. Le second, Ethan est un jeune journaliste envoyé par un journal de New York pour faire ses armes de reporter, ou plutôt remplir les colonnes du site du journal. La dernière narratrice est une Dame, avec un grand D comme Detroit, car c’est la ville elle-même qui vous parlera. Elle a son caractère, ses préférences et lie les différentes intrigues avec les personnages secondaires. Au final, vous aurez un récit en entonnoir mêlant corruption, gang, urbex, adolescence, identité, combat de chiens et évidemment, musique. Dernier point incontournable pour qui connaît un peu la ville et son histoire (une palette allant de The Supremes à Eminem).


Le livre sort le 7 septembre 2017, mais les professionnels, presse et libraires peuvent déjà contacter l’éditeur pour des versions numériques ou des tirages « épreuves non corrigées ». Pour les autres, ne soyez pas déçus de ne pas avoir cette primeur, car les professionnels auront au mieux une version papier, mais pas le tirage qui fait la réputation de la collection. C'est-à-dire avec la tranche colorée (en jaune « bus scolaire ») et avec le vernis sélectif sur le grillage de la couverture.

Demande de Service Presse en bas de cette page : http://www.gulfstream.fr/lettre-gulf-stream-editeur.html



Donc oui, il faut attendre encore un peu. Mais il n’est pas impossible que vous ayez quelques surprises à la sortie du roman et j’ai entendu dire qu’il y aurait un petit tiré à part de plusieurs pages de prévues pour ceux qui ont besoin de leur dose de Detroit en avance.
En attendant, vous avez la couverture de disponible ci-dessus, et ci-dessous, je vous glisse la capture d’écran d’un outil m’ayant servi pour écrire le livre https://realtimeboard.com. Un tableau blanc sur lequel coller des images, liens et post-it virtuels que l’on peut relier comme les clichés des films de flics américains quand ils font une enquête. Sur le coup, ça m’a permis de rassembler des références et rester cohérent dans l’histoire. Cela peut vous servir à écrire, mais aussi pour vos parties de jdr, notamment sir vos joueurs se servent d’une tablette pour rassembler les infos du scénario en cours.



Sur quoi, je vous laisse, je dois me replonger dans la préparation de mon expo sur le jazz et mon roman sur les Dust bowls…



vendredi 14 avril 2017

Voyage au Maroc - avril 2017

Je reviens d'un petit voyage au Maroc. J'ai accompagné ma moitié durant une randonnée à cheval : trois jours dans la région d'Essaouira avec des gens formidables.

Je ne vais pas vous parler "cheval", Charlotte le fait mieux que moi. Pour les photos, je vous invite plutôt à faire un saut du côté de Zouina cheval : https://www.facebook.com/Zouina.Cheval.Rando/?pnref=story.unseen-section

Pour ma part je vais modestement poser les 4 croquis que j'ai fait sur place, durant des pauses du soir ou du midi. Cela m'a permis de continuer à tester des techniques, sur des durée aléatoires de 30 mn à 1 heure, avec des éclairage très fort ou presque absents.
Pour le reste, les petit croquis à la gouache (sur base de casein) parlent plus que moi :





mardi 11 avril 2017

Mon ADN 7 – Branches maternelles 3 (suite et fin)



Enfin, je me relance sur mon feuilleton ADN.
Branche H
Cette branche nous ramène 28 000 ans plus tôt et se déplace de l’Asie de l’ouest vers l’Europe occidentale. Les archéologues la nomment la culture aurignacienne, une période de développement des outils de fabrication de manière presque standard comme des grattoirs de peaux ou pour travailler le bois. Mais avant d’en arriver là, il faut savoir que l’Homme, il y a 15 000 à 20 000 ans, ne vivait pas en Europe, mais plus au sud car le climat était plus clément et le froid n’y emprisonnait pas l’eau dans une calotte glaciaire. Les populations vivaient alors sur la bande ibérique, Italie et balkanique. Ensuite, le climat s’est arrangé et les populations ont migré vers le nord et l’Europe de l’ouest tout en se multipliant. C’est là que l’on trouve le halogroupe H, celui qui domina largement le halogroupe féminin d’Europe. Aujourd’hui, ce halogroupe comprend entre 40 % et 60 % de la population européenne. Plus on se dirige vers l’est, plus son pourcentage est faible. Néanmoins, il concerne tout de même 15 % des personnes d’Asie centrale et d’Asie du nord, ce n’est donc pas si dilué que cela, d’autant que là-bas, il est plus ancien.
On notera au passage que le taux le plus élevé de ce halogroupe se trouve en Irlande (61 %) et que dans les stars il y a la reine Marie Antoinette et l’astronome Copernic qui étaient de ce halogroupe.

Branche H6
Date : 15 300 à 4900 ans de cela.
Cette branche se situe principalement en Asie centrale et dans la péninsule arabique. Les pourcentages sont de 10 % en Croatie, 7 % dans les Émirats arabes et 5 % pour la Slovénie et la Lituanie, 3 % des lignées maternelle en Norvège…
Toutefois, le grand nombre de migration ne permet pas une étude approfondie, les chercheurs sont encore en train de creuser ce cas-là. Les halogroupes suivant : H6a et H6a1b sont aussi en train d’être étudiés pour obtenir des informations complémentaires.

Ce qui me conduit au prochain épisode : le début de ma branche paternelle.



mercredi 1 mars 2017

Rangement du cortex moteur



Je sais que j’ai promis de me remettre à mon feuilleton ADN. J’essaye pour le moment de ranger… ma tête et prévoir l’avenir. Deux choses qui vont de paire lorsqu’on parle de romans. Si tout va bien, je me roule sous peu dans les Dust bowls avec les années 30, la poussière et un peu de surnaturel. Wait and see, je vous en dis plus dès que le contrat arrive.
Detroit est définitivement parti. Loin, pour les retouches finales et ensuite chez l’imprimeur. Il va voguer quelques mois pour revenir sous forme de papier en septembre prochain. J’en profite pour remercier la team Gulf Stream pour leur super travail, serein et professionnel. J’en viendrais presque à remercier mon éditrice pour m’avoir demandé d’écrire ce roman en si peu de temps.
J’en ai presque terminé avec Detroit, la ville. Si, si …. Presque. Je viens de renvoyer mon manuscrit bouclé à mon autre éditrice, chez Pygmalion. Pour le coup, j’ai beaucoup d’avance. Le texte reviendra donc pour des quelques corrections et annotations. Et puis, pour ne pas perdre le fil, je signe aussi sous peu pour un autre texte sur Detroit. Cette fois, c’est pour du jeu de rôle. Je devais le faire pour un magazine à la sauce Monde des Ténèbres, mais on ne s’est pas entendu sur les détails de contrat. Rien de grave, on est reparti chacun de son côté et voilà maintenant que le projet devrait revêtir une autre couverture de jeu. Pareillement, le contrat devrait arriver sous peu, je vous en reparlerais, donc.



Et puis il y a cette autre histoire, qui va se dérouler à la Nouvelle Orléans que je suis en train de modeler. Ce fameux synopsis à formater. Les idées commencent à se mettre en place. Pour le cadre, c’est facile : NOLA, la musique et sa cuisine. Pour la trame globale, c’est bon aussi. Les personnages prennent peu à peu corps avec leur passé et je me torture donc les méninges pour savoir de quel point de vue je vais me placer pour raconter l’ensemble. L’omniscient est par définition pratique pour avoir une vue d’ensemble et traite les différents protagonistes « vue de dessus ». Mais c’est là le problème, je trouve que pour mon récit, ça risque de manquer de passion, de tripes. Du coup, il me faudrait me glisser dans la peau d’un narrateur-personnage. Ce qui m’ôte certaines parties de l’histoire… Du coup, il y a comme une odeur de roman choral qui se promène sur le bayou…
Et pour tout vous dire, le Nord me manque un peu… J’ai des idées scandinaves qui commencent à pousser dans l’arrière de mon crâne.
Quand je vous dis qu’il faut que je range tout ça.

NB : je ne sais pas si je referais un billet d’ici là, alors je précise que je serais le 18/19 mars à Montpellier, pour la convention Au-delà du Dragon.


Je finis par une touche de teasing