mercredi 14 février 2018

Mardi Gras jour 3

La version courte est que Mardi Gras à La Nouvelle Orléans, ça se vit, c'est difficile à décrire. Comme je le ferais plus longuement sur d'autres supports voici quelques photos que j'espère parlantes entre parades officielles et Vieux Carré déguisé.

















lundi 12 février 2018

Mardi Gras jour 2

Me revoilà en version courte.
On peut dire que le planning fait n'est pas respecté suites aux aléas des uns et des autres. Enfin, pour le moment. Hier, j'ai commencé par le St Louis cemetery avec son histoire lié à la ville (et ces auto-crémations à cause de la chaleur estivale dans les tombes en briques...). J'ai continué par un brunch au Lil Dizzy's assez copieux et très bon pour continuer par me promener dans Treme, un quartier très chouette entre locaux, gentrification et affichette " Preserve Treme, no Airbnb"...
Je suis rentré par le Vieux Carré puis j'ai rejoint le défilé de Bachus. Parade de nuit, chars illuminés et pluie. Cette dernière m'a attaqué avec du flou photographique mais il me reste quelques clichés intéressants. Retenir de cette merveilleuse parade la créativité et le travaille accompli des gens qui défilent et une belle révérence surtout pour ces fanfares adolescentes (je dirais que le plus jeune devait avoir 12 ans qui se font facilement 6 à 7 miles tout équipé et sous la pluie (et souvent ignoré par la foule qui attend les chars pour recevoir des cadeaux en plastique à l'effigie du Krewe).






samedi 10 février 2018

Mardi gras 2018 jour 1



Me revoilà parti à La Nouvelle Orléans.
J’ai un beau programme avec ce carnaval de Mardi Gras et ces pistes pour écrire le roman. Je ne sais pas si j’aurais le temps de tout faire. Je ne vais en revanche pas tout vous raconter ici, pour simplement offrir à ceux qui ont soutenu le carnet de voyage Nola Forever sur Ulule, la primeur de mes modestes aventures et une bonne partie des visuels. Croquis et photos ont bien commencé et ce matin c’était le krewe Iris qui a défilé.
Je crois que même si je vous racontais ça ne rendrais pas l’ambiance qui embarque toute la ville.
Avant ça j’ai bien sûr pris l’avion avec une machine à carte bleue qui ne fonctionne pas plusieurs fois de suite pour vous faire peur de partir sans CB juste avant le décollage, une heure de retard au décollage car la voiturette des bagages était en panne à CDG et après… il neigeait. Après quoi, quelques heures plus tard je suis arrivé à Miami avec 33 degrés. Pas difficile de trouver les français : on avait des pull. Surtout, je pense que si je devais revenir, je ne m’arrêterais pas à Miami qui à un nombre de contrôle d’entrée sur le territoire complètement fou je ne sais pas si c’est la nouveauté Trump, mais en tout cas, les dernière fois à Charlotte et Philadelphie c’était plus simple. Le bonus est maintenant, avant tous les autres contrôles, de se contrôler soit même avec une machine : scanne du passeport, empreintes et photo avec tirage du portrait sur un ticket que vous amenez ensuite au premier douanier. Cela étant tout le monde est gentil (malgré la flopée de questions).
Demain, le programme c’est Treme, avec brunch et si possible croiser des « praactices » de défilés amérindiens….


#MardiGras #MardiGras2018 #KreweIris #NOLA #NolaForever
 










jeudi 18 janvier 2018

Dieu est mort pour Harry Crews

Le chanteur de Gospel (Harry Crews – Gallimard / Folio Policier)

« Les hommes pour qui Dieu est mort s'idolâtrent entre eux. »

Oubliez cette couverture du poche qui pousse à imaginer un Jour des Morts mexicain plus que la Georgie profonde des USA. Harry Crews a vécu dans l’Amérique profonde et pauvre qui a suivi la Crise de 29. Si vous ne savez pas où se trouve cet état, il est collé au-dessus de la Floride et écrasé entre la Caroline du Sud et l’Alabama. Vous voyez, ça commence à donner des couleurs à ce roman que vous n’avez pas lu.



Le livre est bien titré puisqu’on suit le retour au pays du Chanteur de Gospel. Il n’a d’ailleurs pas d’autre nom car c’est son identité idolâtrée par tous dans le pays. C’est l’histoire d’un jeune homme qui se découvre une voix merveilleuse et l’utilise pour chanter des louanges à Dieu… Et afin de s’enrichir et quitter son bled pourri de naissance. Mais ce vernis presque propre se fissure au fur et à mesure que l’on rentre dans le récit. On découvre ses vices, ses pulsions sexuelles malsaines, sa méchanceté et en même temps cette douleur d’être enfermé dans son rôle de Chanteur de Gospel qu’il s’est créé. Il est accompagné de Dydimus, un type pas si net que ça qui croit fermement que le chemin divin doit être parcouru dans la douleur et donne ainsi les châtiments à son protégé de chanteur. Une fois arrivés à Enigma, l’histoire s’enfonce mollement dans une atmosphère sombre, on s’y englue couche par couche comme si on avait posé le pied dans des sables mouvants. C’est glauque, on croise des Freaks, des fous de dieu, des brebis innocentes, des personnages rustiques, des très envieux, et 300 pages plus tard : une fin radicale.

Je découvre Harry Crews grâce au conseil d’un bon ami. C’est par son premier roman que j’ai donc débuté. Et c’est un tour de force, une histoire risquée. En effet, ce livre est un risque, pour l’auteur, l’éditeur initial et aussi pour le lecteur. Il ne laisse pas indemne, il est rugueux, du cul-de-jatte à la femme vulgaire, il décrit une Amérique désœuvrée, un pays qui n’est pas magnifié et de plus avec une très grande sincérité. L’auteur aurait pioché dans ses souvenir d’enfance, et peut-être que c’est cela qui donne à ce texte tant de puissance. Le phrasé est parfois compliqué par trop de simplicité : on parle le langage du coin avec des mots haché et une phonétique mâchouillée (au passage, bravo au traducteur pour ce rendu). Et avec toute cette méchanceté, ce sang, ces idées reçues au fil de la lecture, on pénètre petit à petit dans l’humanité. C’est cela la véritable magie du récit. Harry Crews défend les freaks par une simple description d’anormalité. Il questionne sur qui sont les véritables monstres ? Il redéfini les lignes de l’étrange, de la peur et de la fascination des « créatures » avec ceux qui semblent l’être et ceux qui le sont véritablement.

Un roman noir, qui transpire sous les bras, qui vous traîne successivement sur le sable bien sec et granuleux et après dans la fange bien gluante. Foncez le lire si vous aimez ce genre de plume !